Description
À Gavarnie-Gèdre, l’Hôtel des Voyageurs se raconte comme un fragment vivant de l’histoire des Pyrénées. À l’origine, une auberge s’installe déjà sur ce site dès le XVIIIème siècle, sous des noms comme Maison Bellou puis Auberge Vergez-Bellou, et devient une halte sur le chemin du port de Boucharo. Accéder à Gavarnie relevait alors de l’expédition : il fallait franchir le gouffre de l’échelle après Luz, puis le chaos de Coumély après Gèdre, sur des sentiers au bord du précipice. Les récits des premiers pyrénéistes évoquent un lieu très froid, à l’image des descriptions de cabane de paysan, refuge de contrebandiers, couverte de chaume.
Au fil du temps, l’auberge s’agrandit et se transforme. Un premier bâtiment de style néoclassique, datant de la première moitié du XIXème siècle, remplace les constructions antérieures. Une petite dépendance de style régionaliste est greffée contre le mur pignon nord en 1881, tandis qu’une construction d’angle à étages, de style éclectique, complète l’alignement au sud à la fin du XIXème siècle. Après la conquête de l’Aneto en 1842, le pyrénéisme se déplace vers l’ouest, et l’hôtel prend alors de l’ampleur : l’édifice reconstruit plus vaste s’intitule Hôtel des Voyageurs, avec une date portée sur le linteau (1843).
Ce lieu attire écrivains et explorateurs. Victor Hugo, George Sand, Gustave Flaubert ou Alfred de Vigny y sont associés, et un registre des voyageurs a longtemps conservé les signatures de personnages célèbres. En 1864, la société Ramond y voit le jour : elle sera à l’origine de la création de l’observatoire du Pic du Midi et publiera des bulletins de référence. L’hôtel ferme ses portes vers 1990 et, plus tard, un incendie l’endommage en 2006 : aujourd’hui, il se découvre en ruines, au cœur d’un décor chargé de mémoire, idéal pour une visite empreinte de souffle pyrénéen.
Situation géographique
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